Le saviez-vous ?
C'est à Reykjavik, en Islande, au 24 Laugavegur – ce qui, en Islandais, signifie certainement quelque chose – que se trouve le Musée Phallologique Islandais, encore que cette dernière indication n'ait d'autre intérêt particulier que d'être un bien vain et pathétique étalage de fierté patriotique exacerbée sans aucune raison d'être, puisqu'il s'agit là de l'unique Musée Phallologique au monde.
Pour mémoire, et ce afin d'éviter tout malentendu ultérieur, rappelons que la phallologie - ou, pour être à la portée des plus démunis vocabulairement, l'étude des phallus de mammifères, le phallus étant le terme utilisé en biologie pour définir le pénis en érection – n'intéressera que relativement les collectionneurs de timbres, celle-ci (la phallologie) présentant fort peu de points communs avec la philatélie, si ce n'est une certaine difficulté à placer au Scrabble.
Bien entendu, il ne s'agit pas du seul musée un peu farfelu de par le monde, j'en veux pour exemple, par exemple, le Musée britannique des Tondeuses à Gazon, sis 114 Shakespeare Street – car quel autre écrivain, de par ses oeuvres, n'a célébré avec autant de grâce l'herbe (
Le Songe d'Une Nuit d'Eté, acte 2 scène 4), la pelouse (
Othello, acte 4 scènes 3 et 5) ou le boulingrin (
Macbeth, dont l'acte 5 dans son intégralité est une ode à la botanique, ou bien je n'ai rien compris à
Macbeth) – Southport, Lancashire, Royaume-Uni, ou bien encore le Musée Internationnal Sulabh des Toilettes, à New Delhi, à visiter presque uniquement pour ses recueils d'humour scatologique, sans oublier, pour rester dans la thématique, le Musée des Vibromasseurs Anciens, à San Francisco, qui abrite en son sein un magnifique exemplaire de vibromasseur en bois, de fabrication entièrement manuelle, et dont le principe de fonctionnement n'est pas sans rappeler celui du batteur à oeufs.
Mais revenons à nos rognons.
Ouvert du 20 mai au 10 septembre, de 12h à 18h, et ce tous les jours de la semaine, le Musée Phallologique Islandais, pour la modeste somme de 500 Couronnes Islandaises – ou ISK, ou Krona au singulier et Kronur au pluriel, mais le plus souvent notée Kr, soit l'équivalent de 89,14 Couronnes Estoniennes, ou Eesti Kroon, ou Eek, mais je m'égare - vous invite à découvrir le monde merveilleux du pénis en érection, par le biais d'une centaine d'espèces exposées représentant l'ensemble ou presque des mammifères terrestres et marins d'Islande, à une exception notable : l'être humain – ce qui ne saurait tarder, un donneur américain, M. Stan Underwood, certainement, bien que cela reste encore à vérifier, parfaitement sain de corps et d'esprit, ayant établi devant notaire un acte de donation léguant l'ensemble de ses modestes parties honteuses au musée, parce que, a-t-il déclaré (mais peut-être était-ce moi), je cite, deux points, ouvrez les guillemets : “Après tout, il faut bien que cela profite à quelqu'un, n'est-ce pas”, fin de citation, fermez les guillemets.
Je dis modestes parce que n'est pas Raspoutine qui veut. Je profite de cet aparté pour rappeler aux jeunes générations illettrées qui préparent l'avenir que Raspoutine, avant d'être le protagoniste malheureux d'une chanson du groupe de musique de discothèque Boney M de sinistre mémoire, était un moine russe débauché, dont le pénis – car, tremblez, il n'est même pas question ici de phallus au sens biologique du terme ! –, qui affichait 28,5 centimètres d'exhubérance à peine retenue, est aujourd'hui exposé dans le premier Musée Russe de l'Erotisme, à Saint-Pétersbourg, musée grâce auquel la Russie est enfin entrée de plein pied dans le vingt-et-unième siècle, il était temps.
Vous découvrirez donc, en visitant ce Musée Phallologique Islandais, qu'il existe contre toute attente, trente-huit spécimens de pénis de baleine prélévés sur quinze espèces différentes, ou bien comment un phallus d'ours polaire, après quelques légères modifications dont je vous épargne ici les détails techniques, fera une splendide lampe de chevet, ou bien un porte-manteau fort pratique pour peu que vous ayez beaucoup de manteaux à accrocher.
En parlant de pénis en érection, je me permets de vous livrer ici quelques chiffres, afin de briller en société, pendant une de ces fastueuses autant qu'ennuyeuses réceptions chez Monsieur l'Ambassadeur ou lors de repas de Noël s'étirant en longueur : l'homme, du haut de sa vaniteuse supériorité, n'affiche en moyenne qu'une quinzaine de centimètres, ce qui le relègue loin derrière le rhinocéros (60 centimètres), le taureau (90 centimètres), la baleine à bosse (3 mètres, et sans forcer) ou même le verrat (une cinquantaine de centimètres), alors s'il vous plaît, messieurs, je vous en prie, un peu de retenue. Le gorille, quant à lui, vient juste derrière l'homme (ne vous retournez pas, c'est seulement une image), avec 5 petits ridicules centimètres (ce qui me fait dire que même si ce n'était pas une image, vous n'auriez rien, ou si peu, à craindre).
Bref. Si, donc, par un tragique tout autant qu'inexplicable hasard vous vous retrouviez en Islande, faites un tour au Musée Phallologique Islandais, ça leur fera bien plaisir, ça amusera beaucoup les enfants, et, en plus d'être très certainement la seule activité honorable pour passer le temps dans ce pays où il n'y a de toute manière rien à faire, pour à peine 698,95 lekë Albanais (soit 876 rupees Sri Lankaises), ça serait tout de même regrettable de se priver.
Et puis, la curiosité est une vilaine qualité, n'est-ce pas ?
Inflation oblige, le prix equivaut aujourd'hui a 704.32 ALL. Je presse donc les albanais de se rendre en Iceland. Bien connue pour son desire d'interculturalite, pour preuve vous pourrez demander aux 8 etrangers accueillis ces dix dernieres annees...