Posté le 21.09.2007 par d.
A paraître le 24.09.2007
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Posté le 20.09.2007 par d.
Le saviez-vous ?
La théorie de la reminiscence n'est pas qu'un truc de filles. C'est aussi et surtout une théorie édictée par Platon – ce qui signifie “aux larges épaules”, appelé ainsi en hommage à Dalida, de son vrai nom Yolanda Gigliotti, ce qui signifie “itsi bitsi tini ouini bikini” - au sortir d'une nuit de beuverie hasardeuse passée sous une des tables du
Joyeux Discobole, un troquet crasseux et fort peu respectable des bas-quartiers d'Athènes - établissement fermé depuis et qui abrite aujourd'hui en ses murs l'entreprise familiale
Moussaka Express 2000, qui vous livre vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et sans même que vous l'ayez demandé, la meilleure Moussaka qui puisse exister de Hêgoumenitsa à Alexandroupolis - théorie qui dit, à peu presque, que notre connaissance de la vérité est le souvenir d'un état ancien où, avant d'être incarnée dans un corps, l'âme – je parle ici du concept nébuleux, pas de la couineuse décérébrée à chapeaux ridicules – vivait au contact des idées pures dans le
monde intelligible.
Bigre.
C'est un peu comme si, pour faire un raccourci, vous découvriez, un matin, quelque chose qui existait déjà en vous, mais dont vous n'aviez pas conscience. Il n'est pas ici question du genre d'expérience surnaturelle qui fait que vous finissez toujours, immanquablement, au lendemain d'une soirée de débauche, par vous exclamer, penché au-dessus d'une cuvette de toilettes : “tiens, je ne me souvenais plus que j'avais mangé ça !”
Mais vous vous demandez certainement où veut-il bien en venir avec ce charabia, et là je vous répondrai que vous n'êtes pas les seuls, et que si vous pouviez parler un peu moins fort, vous seriez gentils, je n'entends plus
les chiffres et les lettres.
Ce que je cherchais à vous dire par le biais de cette subtile digression, c'est que je suis intimement autant que fermement – ce n'est pas incompatible – persuadé d'être la réincarnation d'Elvis Presley.
Mais si, le chanteur.
Bref.
Je suis la métempsychose d'Elvis Presley. Cependant, attention, je dis halte là ! Je ne parle d'identification, mais bien de réincarnation. Je ne m'habille pas avec des costumes taillés dans des boules à facettes. Je ne prends pas mon jet privé (de toute manière il est au garage) en plein milieu de la nuit pour aller me taper un sandwich au beurre de cacahuètes – déjà parce que j'aime pas ça, le beurre de cacahuètes, ça me fait rendre – et confiture d'oignons à l'autre bout du pays, en plein milieu de la nuit, mais peut-être me répète-je. A la rigueur, s'il fallait vraiment, mais c'est bien pour vous faire plaisir, trouver un point commun, peut-être me viendrait à l'esprit ce petit déhanché suggestif qui m'a valu un franc succès auprès des membres de la chorale du troisième - et dernier - âge de la paroisse.
Mais, ne vous méprenez pas, je n'ai rien de rien contre les sosies – puisqu'il faut bien leur donner un nom – de personnes célèbres. J'ouvre ici une parenthèse bienvenue pour éclairer un petit point de détail qui me tient à coeur : être sosie, si ce n'est pas d'une personnalité de premier plan - j'entends par là qui passe souvent à la télé - ne présente aucun intérêt. Tenez, je suis, pour ma part, le sosie parfait, la réplique exacte d'un certain Richard Huwley, Hank pour les intimes, demeurant 1 Sesame Street, Craptown, Nebraska, USA du Nord, sinistre inconnu de ce côté-ci de l'océan méditerranéen, et qui ne doit sa misérable célébrité locale qu'au seul et unique fait d'être mon sosie, fin de la parenthèse.
Je n'ai rien contre les sosies. D'ailleurs, j'ai moi-même été, certes contre mon gré, mais tout de même, sosie officiel de Stone et Charden, de 1972 à 1974, les plus belles années si vous me demandez ce que j'en pense, jusqu'à ce qu'ils soient malheureusement condamnés à la peine capitale par référendum, mais peut-être me méprends-je avec Richard Anthony, pour le coup le plus grand sosie de langue francophone d'Elvis Presley, si ce n'est par le talent, au moins par la corpulence.
Bien entendu, il y aura toujours des esprits chagrins, dont ma tata Jeanine qui fait rien qu'à dire que, pour me faire remarquer qu'Elvis étant mort après ma venue en ce monde, il est fort peu plausible que je puisse effectivement être sa réincarnation, et que je ne serai qu'un vil usurpateur qui ne vient même plus me rendre visite le dimanche.
Certes.
Mais il y a plus troublant encore.
Il semblerait que ce soit exactement ce que pense mon psychiatre, chez qui, puisque c'est ça, je n'irai plus le dimanche.
Seulement là, je pose la question (je tenais à le préciser pour que vous ne soyiez surpris de trouver un point d'interrogation à la fin de la phrase) : peut-on vraiment se fier à ce que pense un psychiatre ?
J'en veux pour preuve et point final à cette chronique parce que, hein, il se fait tard, cette petite anecdote survenue à un psychiatre de 45 ans, brésilien de surcroît – et de naissance – qui, accusé d'avoir abattu une de ses patientes qu'il traitait pour de sordides tracas d'ordre sexuels, a déclaré au procès, pour sa défense : “J'en ai eu marre de tous ces cinglés”.
Mais il est temps que je vous laisse. Le livreur vient de m'apporter la moussaka que je n'ai même pas commandé, et même si, paraît-il, la curiosité est une vilaine qualité, une moussaka, c'est tout de même meilleur chaud.
PS : cette chronique est entièrement dédiée (à l'exception des passages salaces) à mes lecteurs abkhaziens, chaque jour de plus en plus beaux.
Posté le 17.09.2007 par d.
Le saviez-vous ?
Un polymère est une substance constituée de molécules se caractérisant par une séquence d'un ou de plusieurs types d'unités monomères et contenant une simple majorité pondérale de molécules contenant au moins trois unités monomères liées par liaison covalente à au moins une autre unité monomère, ou bien à une autre substance réactive et constituée de moins qu'une simple majorité pondérale de molécules de même poids moléculaire. Ces molécules, cela va sans dire, doivent former une gamme de poids moléculaires au sein de laquelle les différences de poids moléculaire sont essentiellement attribuables à la différence dans le nombre d'unités monomères, entendez par là, bien entendu, la forme réagie d'un monomère
dans un polymère (et non pas l'inverse, comme je l'entend souvent, ici et là – et surtout là ! -, ce qui, d'une part, est complètement faux, et d'autre part, ne veut rien dire du tout, relisez, vous verrez).
Ce qu'il faut retirer de tout cela, c'est que ces descriptions, censées nous apporter un éclaircissement sur un terme précis, sont tellement alambiquées et tirées par les cheveux que je ne me souviens même plus de la raison pour laquelle je cherchais la définition de polymère.
D'autant plus qu'un polymère, me hurle ma mère depuis la cuisine, est en fait une substance – mais ça vous l'aviez sûrement compris - organique liquide ou solide à température ambiante qui est constituée de macromolécules ayant la même nature chimique. Un polymère peut donc être d'origine naturelle, obtenu par modification chimique d'un polymère naturel ou bien synthétisé, si vous préférez, par voie chimique ou enzymatique par une réaction de polymérisation.
Pour résumer, donc, le polymère, c'est juste un truc qui sert à fabriquer, par exemple, les pneus (essentiellement ceux en polymère, d'ailleurs), ce qui n'est peut-être pas une si mauvaise définition, en définitive :
Polymère : n. m. Truc qui sert à faire les pneus.
D'où vient ce besoin de tout compliquer ainsi ?
Pour ma part, c'est là tout ce dont j'ai besoin (et envie, soyons honnête) de savoir sur le polymère.
Si vous le voulez bien, ayons un instant une courte pensée émue pour le malheureux chargé de rédiger une telle définition... Quel était donc son crime ? Qu'a-t-il bien pu faire de si dédaignable pour mériter un tel châtiment ? Encore que, rien ne nous dit qu'il s'agisse véritablement d'une punition. Après tout, c'est peut-être là l'oeuvre d'un type aigri, un sadique, le genre de cinglé qui collectionne les dépouilles de bêtes écrasées sur la route et mange des pizzas surgelés sans même prendre la peine de les réchauffer ? (ne riez pas, j'en ai quelques-uns dans ma famille.)
Les gens aiment se compliquer la vie. J'en parlais justement l'autre jour avec moi-même, tant il est vrai que je n'ai pas d'amis, et que j'ai bien vite réalisé, de par les regards lourds d'incompréhension mêlée d'une certaine violence latente que me lancent que les personnes de mon entourage lorsque je tente d'évoquer avec eux ces sujets graves et douteux qui me turlupinent, que bien souvent mieux vaut se taire que de ne rien dire.
Cependant, c'en est trop, je craque.
Je suis bien conscient que cela risque très certainement de vous faire un choc, mais il est de mon droit et de mon devoir de citoyen soucieux d'une certaine qualité d'éducation chez les plus de vingt-huit ans – en deça inutile de gaspiller temps et salive, ils sont irrécupérables - de vous informer qu'un mouflon n'est rien de plus qu'un ongulé – d'ailleurs, les mouflons sont tous des ongulés, tandis que les ongulés ne sont pas tous des mouflons. Si vous ne savez pas ce qu'est un mouflon, rassurez-vous, rien de grave, moi-même j'ignorais jusqu'à il y a encore quelques heures à peine ce qu'était un polymère – ce que, grâce à la prose rébarbative d'un sociopathe pervers, j'ignore toujours, soit dit en passant.
Mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, il est temps d'appeler un chat un chat, et un petit insecte ptérygote holométabole mécoptéroïde de la famille des diptères brachycères cyclorhaphes, une mouche – mais peut-être le faisiez-vous déjà ?
Pour ceux d'entre vous qui, malgré tout, du haut de leur insatiable vanité, rechignerait à s'abaisser au niveau de la plèbe et de son effort, bien souvent inconscient, de vulgarisation généralisée, je ne peux que suggérer la pratique du xyloglotte, ou langue de bois*.
Comment ça marche ? C'est très simple !
Par exemple, ne dites plus
écriture en pattes de petit insecte ptérygote mécoptéroïde holométabole de la famille des diptères brachycères cyclorhaphes, mais dites
diptéropodographie !
Ne dites plus
j'ai méchamment la tête dans l'arrière-train (pour ne pas dire rectum)
ce matin, mais dites :
j'ai une sévère céphalorectalgie en ce début de journée.
De même, ne dites plus
uriner dans un violon. Faites-le !
Heureusement, tout n'est pas aussi compliqué, n'est-ce pas. Prenez certains modes d'emploi. Tenez, par exemple, celui-ci, lu sur une tronçonneuse venue de Suède :
ne pas essayer d'arrêter la chaîne avec les mains ou les parties génitales.
C'est parfait. Que dire de plus ? Tout est là, l'information est épurée, réduite à sa substantifique moëlle, et, qui plus est, vérifiée par mes propres soins.
Ah, que voulez-vous, la curiosité est - presque toujours - une vilaine qualité.
PS : cette chronique est entièrement dédiée (exception faite des mots finissant par
ion) à mes lecteurs abkhaziens, chaque jour de plus en plus hâlés.
* Pour plus d'informations sur le xyloglotte, une seule adresse :
http://www.cledut.net/xylo.htm
Posté le 11.09.2007 par d.
Le saviez-vous ?
Aux Etats-Unis d'Amérique du Nord, et plus précisément dans l'état du Minnesota, réputé uniquement pour se trouver presque à côté, mais pas tout à fait, de celui de l'Oregon, qui lui n'est reputé pour rien du tout, une loi stipule qu'il est interdit à quinconque de franchir les limites de l'état avec un canard sur la tête.
Soit.
N'empêche que, et ce ne seront certainement pas les habitants de la ville de Chicago, Illinois, qui par arrêté municipal ont l'interdiction formelle de pêcher en étant assis sur le dos d'une girafe, qui me donneront tort.
Pour ma part, j'ai un peu de peine à imaginer quel genre de menace pour la sécurité nationale peut représenter un type se promenant avec un canard sur la tête. En y réfléchissant bien, je serai même ravi qu'un type avec un canard sur la tête aille faire un tour dans un autre état, de préférence plus éloigné de quelques continents.
En vérité, ce qui m'interpelle ici n'est pas tant le fait que quelqu'un, un beau jour (ou peut-être une nuit, il faut toujours se méfier, tant il est vrai que la nuit, tous les canards sont gris, tandis que les petits pois sont rouges, fin de la parenthèse) ait décidé d'instaurer une loi interdisant de franchir les frontières de l'état du Minnesota avec un canard sur la tête. Ce qui m'intrigue, c'est que quelqu'un ait eu l'idée de franchir la frontière avec un canard sur la tête ! Pour quelle raison un type se lèverait-il le matin avec l'irrésistible envie de se balader avec un de ces oiseaux aquatiques palmipèdes migrateurs flanqué sur le haut du crâne, point d'interrogation. Et le susdit canard était-il vivant ou décédé ? Et puis, peut-être n'avait-il aucune envie de quitter l'état (je parle du type, le canard n'a rien à y redire) ? Et quand bien même, de quel manière a-t-il pu mettre en péril la stabilité interne de l'état, au point d'en faire une loi encore d'actualité au moment où j'écris ces lignes, lascivement étendu sur des draps de soie quatre-vingt pour cent polyester, vingt pour cent matières synthétiques ? Hein ? (Je ne vous le demande pas, vous n'en savez certainement rien.)
De même, il existe très certainement une excellente raison pour que la Floride, qui est, excusez du peu, un des leaders mondiaux sur le marché du pamplemousse rose, ait décrété qu'il est illégal d'avoir des rapports sexuels avec un porc-épic : c'est parce que quelqu'un a sûrement
essayé d'avoir des rapports sexuels avec un porc-épic, tiens ! alors que chaque être humain affligé d'un minimum d'éducation et de savoir-vivre sait pertinemment que le porc-épic n'est pas un animal facile ! Qu'est-ce qui a bien pu passer par la tête de ce pauvre type ? Etait-ce le résultat malheureux d'un pari stupide entre amis militant coudes et poings levés pour le droit inaliénable à l'éthylisme sur la voie publique, ou bien rien de plus qu'une pulsion aussi soudaine qu'irrésistible pour ce petit rongeur peut-être pas si innocent que ça, après tout ?
Les gens sont bizarres, quelques fois.
Tenez, par exemple, un exemple : prenez une poule (c'est une image, n'est-ce pas). Bien. Il y a forcément un type, quelque part, un jour, mettons pour une meilleure fluidité du récit que c'était un mardi, ce qui est d'un point de vue historique complètement faux puisqu'il s'agissait en réalité d'un jeudi, qui s'est dit, deux points, ouvrez les guillemets : “Tiens, et si j'ingérais ce que ce bête volatile - car c'en est un, assurément, la preuve c'est qu'aucun d'entre eux n'est capable de citer ne serait-ce qu'un seul titre de comédie musicale – extirpe à grand peine de son fondement ?”
L'idée, certes louable à la base, présentait cependant quelques risques, dont certains non négligeables, d'autant plus que j'imagine aisément les multiples errements et étapes successives qui ont finalement apporté à l'humanité toutes ces merveilles de la gastronomie que sont les oeufs brouillés au caviar et aux tripes, l'omelette au sang et au saindoux (qui nécessite à peine huit cent grammes de saindoux pour cinq petites cuillères de sang – d'accord, j'avoue, j'exagère, mais uniquement sur les proportions) ou encore les raviolis au ragondin - bien que la recette originale privilégie le lard aux oeufs, n'hésitez pas à en rajouter, ce n'est pas pire avec.
Une reconstitution s'impose donc, et c'est la raison pour laquelle, petits veinards que vous êtes, je vous livre ici, en exclusivité, un extrait retrouvé parmi les archives du Département de Recherches Navrantes et Coûteuses de l'Université Du Massassuchetts d'Amérique du Nord, dans le Nevada.
La scène se déroule dans le laboratoire A4, deuxième étage, bâtiment C. Il est 16h12, heure locale. Deux chercheurs de renommée dérisoire, Billy Bang et Bobby Ewing (il ne s'agit bien entendu aucunement de leur véritable patronyme, mais je préfère les appeler Billy et Bobby, d'une part parce que c'est ma chronique et que je fais ce que je veux d'abord, et d'autre part aussi) discutent de l'avancée de leurs recherches :
Billy : Bobby, je n'en peux plus, je suis au bout du rouleau, toutes ces années de recherche ne mènent à rien, il n'y a aucune issue, je ne peux plus me permettre de perdre d'autres assistants morts étouffés à force de tenter d'ingérer ce que ce bête volatile – car c'en est un, assurément, la preuve c'est qu'aucun d'entre eux n'a été capable de résoudre une simple et fondamentale équation de Schrödinger – extirpe à grand peine de son fondement !
Bobby : Billy, et si tu essayais
sans la coquille ?
Bref.
Les gens sont bizarres, c'est ainsi. En attendant, il se fait tard, et il me reste encore beaucoup à faire. J'ai réussi à dénicher, dans le doute, et grâce à certaines relations d'outre Oural Septentrional, un canard paraplégique (c'est plus facile à faire tenir sur la tête).
Ah, que voulez-vous, la curiosité est une vilaine qualité, n'est-ce pas ?
PS : Cette chronique est entièrement dédiée (exception faite du deuxième paragraphe) à mes lecteurs abkhaziens, chaque jour de plus en plus nombreux.
Posté le 10.09.2007 par d.
Le saviez-vous ?
C'est à Reykjavik, en Islande, au 24 Laugavegur – ce qui, en Islandais, signifie certainement quelque chose – que se trouve le Musée Phallologique Islandais, encore que cette dernière indication n'ait d'autre intérêt particulier que d'être un bien vain et pathétique étalage de fierté patriotique exacerbée sans aucune raison d'être, puisqu'il s'agit là de l'unique Musée Phallologique au monde.
Pour mémoire, et ce afin d'éviter tout malentendu ultérieur, rappelons que la phallologie - ou, pour être à la portée des plus démunis vocabulairement, l'étude des phallus de mammifères, le phallus étant le terme utilisé en biologie pour définir le pénis en érection – n'intéressera que relativement les collectionneurs de timbres, celle-ci (la phallologie) présentant fort peu de points communs avec la philatélie, si ce n'est une certaine difficulté à placer au Scrabble.
Bien entendu, il ne s'agit pas du seul musée un peu farfelu de par le monde, j'en veux pour exemple, par exemple, le Musée britannique des Tondeuses à Gazon, sis 114 Shakespeare Street – car quel autre écrivain, de par ses oeuvres, n'a célébré avec autant de grâce l'herbe (
Le Songe d'Une Nuit d'Eté, acte 2 scène 4), la pelouse (
Othello, acte 4 scènes 3 et 5) ou le boulingrin (
Macbeth, dont l'acte 5 dans son intégralité est une ode à la botanique, ou bien je n'ai rien compris à
Macbeth) – Southport, Lancashire, Royaume-Uni, ou bien encore le Musée Internationnal Sulabh des Toilettes, à New Delhi, à visiter presque uniquement pour ses recueils d'humour scatologique, sans oublier, pour rester dans la thématique, le Musée des Vibromasseurs Anciens, à San Francisco, qui abrite en son sein un magnifique exemplaire de vibromasseur en bois, de fabrication entièrement manuelle, et dont le principe de fonctionnement n'est pas sans rappeler celui du batteur à oeufs.
Mais revenons à nos rognons.
Ouvert du 20 mai au 10 septembre, de 12h à 18h, et ce tous les jours de la semaine, le Musée Phallologique Islandais, pour la modeste somme de 500 Couronnes Islandaises – ou ISK, ou Krona au singulier et Kronur au pluriel, mais le plus souvent notée Kr, soit l'équivalent de 89,14 Couronnes Estoniennes, ou Eesti Kroon, ou Eek, mais je m'égare - vous invite à découvrir le monde merveilleux du pénis en érection, par le biais d'une centaine d'espèces exposées représentant l'ensemble ou presque des mammifères terrestres et marins d'Islande, à une exception notable : l'être humain – ce qui ne saurait tarder, un donneur américain, M. Stan Underwood, certainement, bien que cela reste encore à vérifier, parfaitement sain de corps et d'esprit, ayant établi devant notaire un acte de donation léguant l'ensemble de ses modestes parties honteuses au musée, parce que, a-t-il déclaré (mais peut-être était-ce moi), je cite, deux points, ouvrez les guillemets : “Après tout, il faut bien que cela profite à quelqu'un, n'est-ce pas”, fin de citation, fermez les guillemets.
Je dis modestes parce que n'est pas Raspoutine qui veut. Je profite de cet aparté pour rappeler aux jeunes générations illettrées qui préparent l'avenir que Raspoutine, avant d'être le protagoniste malheureux d'une chanson du groupe de musique de discothèque Boney M de sinistre mémoire, était un moine russe débauché, dont le pénis – car, tremblez, il n'est même pas question ici de phallus au sens biologique du terme ! –, qui affichait 28,5 centimètres d'exhubérance à peine retenue, est aujourd'hui exposé dans le premier Musée Russe de l'Erotisme, à Saint-Pétersbourg, musée grâce auquel la Russie est enfin entrée de plein pied dans le vingt-et-unième siècle, il était temps.
Vous découvrirez donc, en visitant ce Musée Phallologique Islandais, qu'il existe contre toute attente, trente-huit spécimens de pénis de baleine prélévés sur quinze espèces différentes, ou bien comment un phallus d'ours polaire, après quelques légères modifications dont je vous épargne ici les détails techniques, fera une splendide lampe de chevet, ou bien un porte-manteau fort pratique pour peu que vous ayez beaucoup de manteaux à accrocher.
En parlant de pénis en érection, je me permets de vous livrer ici quelques chiffres, afin de briller en société, pendant une de ces fastueuses autant qu'ennuyeuses réceptions chez Monsieur l'Ambassadeur ou lors de repas de Noël s'étirant en longueur : l'homme, du haut de sa vaniteuse supériorité, n'affiche en moyenne qu'une quinzaine de centimètres, ce qui le relègue loin derrière le rhinocéros (60 centimètres), le taureau (90 centimètres), la baleine à bosse (3 mètres, et sans forcer) ou même le verrat (une cinquantaine de centimètres), alors s'il vous plaît, messieurs, je vous en prie, un peu de retenue. Le gorille, quant à lui, vient juste derrière l'homme (ne vous retournez pas, c'est seulement une image), avec 5 petits ridicules centimètres (ce qui me fait dire que même si ce n'était pas une image, vous n'auriez rien, ou si peu, à craindre).
Bref. Si, donc, par un tragique tout autant qu'inexplicable hasard vous vous retrouviez en Islande, faites un tour au Musée Phallologique Islandais, ça leur fera bien plaisir, ça amusera beaucoup les enfants, et, en plus d'être très certainement la seule activité honorable pour passer le temps dans ce pays où il n'y a de toute manière rien à faire, pour à peine 698,95 lekë Albanais (soit 876 rupees Sri Lankaises), ça serait tout de même regrettable de se priver.
Et puis, la curiosité est une vilaine qualité, n'est-ce pas ?