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Chroniques Et Digressions Autour De Sujets d'Importance Toute Relative
Catégorie :
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Date de création :
10.09.2007
Dernière mise à jour :
21.09.2007
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La Curiosité Est Une Vilaine Qualité #2

La Curiosité Est Une Vilaine Qualité #2

Posté le 11.09.2007 par d.
Le saviez-vous ?

Aux Etats-Unis d'Amérique du Nord, et plus précisément dans l'état du Minnesota, réputé uniquement pour se trouver presque à côté, mais pas tout à fait, de celui de l'Oregon, qui lui n'est reputé pour rien du tout, une loi stipule qu'il est interdit à quinconque de franchir les limites de l'état avec un canard sur la tête.

Soit.

N'empêche que, et ce ne seront certainement pas les habitants de la ville de Chicago, Illinois, qui par arrêté municipal ont l'interdiction formelle de pêcher en étant assis sur le dos d'une girafe, qui me donneront tort.

Pour ma part, j'ai un peu de peine à imaginer quel genre de menace pour la sécurité nationale peut représenter un type se promenant avec un canard sur la tête. En y réfléchissant bien, je serai même ravi qu'un type avec un canard sur la tête aille faire un tour dans un autre état, de préférence plus éloigné de quelques continents.

En vérité, ce qui m'interpelle ici n'est pas tant le fait que quelqu'un, un beau jour (ou peut-être une nuit, il faut toujours se méfier, tant il est vrai que la nuit, tous les canards sont gris, tandis que les petits pois sont rouges, fin de la parenthèse) ait décidé d'instaurer une loi interdisant de franchir les frontières de l'état du Minnesota avec un canard sur la tête. Ce qui m'intrigue, c'est que quelqu'un ait eu l'idée de franchir la frontière avec un canard sur la tête ! Pour quelle raison un type se lèverait-il le matin avec l'irrésistible envie de se balader avec un de ces oiseaux aquatiques palmipèdes migrateurs flanqué sur le haut du crâne, point d'interrogation. Et le susdit canard était-il vivant ou décédé ? Et puis, peut-être n'avait-il aucune envie de quitter l'état (je parle du type, le canard n'a rien à y redire) ? Et quand bien même, de quel manière a-t-il pu mettre en péril la stabilité interne de l'état, au point d'en faire une loi encore d'actualité au moment où j'écris ces lignes, lascivement étendu sur des draps de soie quatre-vingt pour cent polyester, vingt pour cent matières synthétiques ? Hein ? (Je ne vous le demande pas, vous n'en savez certainement rien.)

De même, il existe très certainement une excellente raison pour que la Floride, qui est, excusez du peu, un des leaders mondiaux sur le marché du pamplemousse rose, ait décrété qu'il est illégal d'avoir des rapports sexuels avec un porc-épic : c'est parce que quelqu'un a sûrement essayé d'avoir des rapports sexuels avec un porc-épic, tiens ! alors que chaque être humain affligé d'un minimum d'éducation et de savoir-vivre sait pertinemment que le porc-épic n'est pas un animal facile ! Qu'est-ce qui a bien pu passer par la tête de ce pauvre type ? Etait-ce le résultat malheureux d'un pari stupide entre amis militant coudes et poings levés pour le droit inaliénable à l'éthylisme sur la voie publique, ou bien rien de plus qu'une pulsion aussi soudaine qu'irrésistible pour ce petit rongeur peut-être pas si innocent que ça, après tout ?

Les gens sont bizarres, quelques fois.

Tenez, par exemple, un exemple : prenez une poule (c'est une image, n'est-ce pas). Bien. Il y a forcément un type, quelque part, un jour, mettons pour une meilleure fluidité du récit que c'était un mardi, ce qui est d'un point de vue historique complètement faux puisqu'il s'agissait en réalité d'un jeudi, qui s'est dit, deux points, ouvrez les guillemets : “Tiens, et si j'ingérais ce que ce bête volatile - car c'en est un, assurément, la preuve c'est qu'aucun d'entre eux n'est capable de citer ne serait-ce qu'un seul titre de comédie musicale – extirpe à grand peine de son fondement ?”
L'idée, certes louable à la base, présentait cependant quelques risques, dont certains non négligeables, d'autant plus que j'imagine aisément les multiples errements et étapes successives qui ont finalement apporté à l'humanité toutes ces merveilles de la gastronomie que sont les oeufs brouillés au caviar et aux tripes, l'omelette au sang et au saindoux (qui nécessite à peine huit cent grammes de saindoux pour cinq petites cuillères de sang – d'accord, j'avoue, j'exagère, mais uniquement sur les proportions) ou encore les raviolis au ragondin - bien que la recette originale privilégie le lard aux oeufs, n'hésitez pas à en rajouter, ce n'est pas pire avec.

Une reconstitution s'impose donc, et c'est la raison pour laquelle, petits veinards que vous êtes, je vous livre ici, en exclusivité, un extrait retrouvé parmi les archives du Département de Recherches Navrantes et Coûteuses de l'Université Du Massassuchetts d'Amérique du Nord, dans le Nevada.

La scène se déroule dans le laboratoire A4, deuxième étage, bâtiment C. Il est 16h12, heure locale. Deux chercheurs de renommée dérisoire, Billy Bang et Bobby Ewing (il ne s'agit bien entendu aucunement de leur véritable patronyme, mais je préfère les appeler Billy et Bobby, d'une part parce que c'est ma chronique et que je fais ce que je veux d'abord, et d'autre part aussi) discutent de l'avancée de leurs recherches :

Billy : Bobby, je n'en peux plus, je suis au bout du rouleau, toutes ces années de recherche ne mènent à rien, il n'y a aucune issue, je ne peux plus me permettre de perdre d'autres assistants morts étouffés à force de tenter d'ingérer ce que ce bête volatile – car c'en est un, assurément, la preuve c'est qu'aucun d'entre eux n'a été capable de résoudre une simple et fondamentale équation de Schrödinger – extirpe à grand peine de son fondement !

Bobby : Billy, et si tu essayais sans la coquille ?

Bref.

Les gens sont bizarres, c'est ainsi. En attendant, il se fait tard, et il me reste encore beaucoup à faire. J'ai réussi à dénicher, dans le doute, et grâce à certaines relations d'outre Oural Septentrional, un canard paraplégique (c'est plus facile à faire tenir sur la tête).

Ah, que voulez-vous, la curiosité est une vilaine qualité, n'est-ce pas ?

PS : Cette chronique est entièrement dédiée (exception faite du deuxième paragraphe) à mes lecteurs abkhaziens, chaque jour de plus en plus nombreux.


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