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Description du blog :
Chroniques Et Digressions Autour De Sujets d'Importance Toute Relative
Catégorie :
Blog Humour
Date de création :
10.09.2007
Dernière mise à jour :
21.09.2007

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La Curiosité Est Une Vilaine Qualité #3

La Curiosité Est Une Vilaine Qualité #3

Posté le 17/09/2007 à 12:00 par d.
Le saviez-vous ?

Un polymère est une substance constituée de molécules se caractérisant par une séquence d'un ou de plusieurs types d'unités monomères et contenant une simple majorité pondérale de molécules contenant au moins trois unités monomères liées par liaison covalente à au moins une autre unité monomère, ou bien à une autre substance réactive et constituée de moins qu'une simple majorité pondérale de molécules de même poids moléculaire. Ces molécules, cela va sans dire, doivent former une gamme de poids moléculaires au sein de laquelle les différences de poids moléculaire sont essentiellement attribuables à la différence dans le nombre d'unités monomères, entendez par là, bien entendu, la forme réagie d'un monomère dans un polymère (et non pas l'inverse, comme je l'entend souvent, ici et là – et surtout là ! -, ce qui, d'une part, est complètement faux, et d'autre part, ne veut rien dire du tout, relisez, vous verrez).

Ce qu'il faut retirer de tout cela, c'est que ces descriptions, censées nous apporter un éclaircissement sur un terme précis, sont tellement alambiquées et tirées par les cheveux que je ne me souviens même plus de la raison pour laquelle je cherchais la définition de polymère.

D'autant plus qu'un polymère, me hurle ma mère depuis la cuisine, est en fait une substance – mais ça vous l'aviez sûrement compris - organique liquide ou solide à température ambiante qui est constituée de macromolécules ayant la même nature chimique. Un polymère peut donc être d'origine naturelle, obtenu par modification chimique d'un polymère naturel ou bien synthétisé, si vous préférez, par voie chimique ou enzymatique par une réaction de polymérisation.

Pour résumer, donc, le polymère, c'est juste un truc qui sert à fabriquer, par exemple, les pneus (essentiellement ceux en polymère, d'ailleurs), ce qui n'est peut-être pas une si mauvaise définition, en définitive :

Polymère : n. m. Truc qui sert à faire les pneus.

D'où vient ce besoin de tout compliquer ainsi ?

Pour ma part, c'est là tout ce dont j'ai besoin (et envie, soyons honnête) de savoir sur le polymère.

Si vous le voulez bien, ayons un instant une courte pensée émue pour le malheureux chargé de rédiger une telle définition... Quel était donc son crime ? Qu'a-t-il bien pu faire de si dédaignable pour mériter un tel châtiment ? Encore que, rien ne nous dit qu'il s'agisse véritablement d'une punition. Après tout, c'est peut-être là l'oeuvre d'un type aigri, un sadique, le genre de cinglé qui collectionne les dépouilles de bêtes écrasées sur la route et mange des pizzas surgelés sans même prendre la peine de les réchauffer ? (ne riez pas, j'en ai quelques-uns dans ma famille.)

Les gens aiment se compliquer la vie. J'en parlais justement l'autre jour avec moi-même, tant il est vrai que je n'ai pas d'amis, et que j'ai bien vite réalisé, de par les regards lourds d'incompréhension mêlée d'une certaine violence latente que me lancent que les personnes de mon entourage lorsque je tente d'évoquer avec eux ces sujets graves et douteux qui me turlupinent, que bien souvent mieux vaut se taire que de ne rien dire.

Cependant, c'en est trop, je craque.

Je suis bien conscient que cela risque très certainement de vous faire un choc, mais il est de mon droit et de mon devoir de citoyen soucieux d'une certaine qualité d'éducation chez les plus de vingt-huit ans – en deça inutile de gaspiller temps et salive, ils sont irrécupérables - de vous informer qu'un mouflon n'est rien de plus qu'un ongulé – d'ailleurs, les mouflons sont tous des ongulés, tandis que les ongulés ne sont pas tous des mouflons. Si vous ne savez pas ce qu'est un mouflon, rassurez-vous, rien de grave, moi-même j'ignorais jusqu'à il y a encore quelques heures à peine ce qu'était un polymère – ce que, grâce à la prose rébarbative d'un sociopathe pervers, j'ignore toujours, soit dit en passant.

Mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, il est temps d'appeler un chat un chat, et un petit insecte ptérygote holométabole mécoptéroïde de la famille des diptères brachycères cyclorhaphes, une mouche – mais peut-être le faisiez-vous déjà ?

Pour ceux d'entre vous qui, malgré tout, du haut de leur insatiable vanité, rechignerait à s'abaisser au niveau de la plèbe et de son effort, bien souvent inconscient, de vulgarisation généralisée, je ne peux que suggérer la pratique du xyloglotte, ou langue de bois*.
Comment ça marche ? C'est très simple !
Par exemple, ne dites plus écriture en pattes de petit insecte ptérygote mécoptéroïde holométabole de la famille des diptères brachycères cyclorhaphes, mais dites diptéropodographie !
Ne dites plus j'ai méchamment la tête dans l'arrière-train (pour ne pas dire rectum) ce matin, mais dites : j'ai une sévère céphalorectalgie en ce début de journée.
De même, ne dites plus uriner dans un violon. Faites-le !

Heureusement, tout n'est pas aussi compliqué, n'est-ce pas. Prenez certains modes d'emploi. Tenez, par exemple, celui-ci, lu sur une tronçonneuse venue de Suède : ne pas essayer d'arrêter la chaîne avec les mains ou les parties génitales.
C'est parfait. Que dire de plus ? Tout est là, l'information est épurée, réduite à sa substantifique moëlle, et, qui plus est, vérifiée par mes propres soins.

Ah, que voulez-vous, la curiosité est - presque toujours - une vilaine qualité.


PS : cette chronique est entièrement dédiée (exception faite des mots finissant par ion) à mes lecteurs abkhaziens, chaque jour de plus en plus hâlés.




* Pour plus d'informations sur le xyloglotte, une seule adresse : http://www.cledut.net/xylo.htm



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